![]() "De la Génèse à l'Apocalypse" par RV80G/S |
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Et puis il y eu ce 2 janvier 1980, lendemain
de ma première cuite, nous étions dans le Lot, près
de Rocamadour, et il fallait rentrer. La neige recouvrait le Causse,
situation ô combien inhabituelle pour un motard bordelais... Après deux ans de patience en
125 (HONDA twin et XR), mes 18 ans "Atroisisés", c'est
à une superbe R 75/6 que je confiais mon derrière. Ce
fut pour moi la découverte des vertus du couple moteur, à
tel point que je préférais la 7 et demi au 900, plus puissant,
mais tellement moins doux.
Il me fallut attendre un an, et à
l'approche de mes vingt ans, mon père me questionna sur le cadeau
qui accompagnerai l'évènement. Je ne voulais rien d'autre
que la GS. En taxant toute la famille, la somme de 27 000 FRS fut réunie,
la 75/6 était vendue depuis deux mois (remplacée par la
350 four d'un Ami), et le concessionnaire me prêta même
ma future, car il l'avait prise en démo pour adoucir les 33 000
frs du catalogue. Elle était bleue marine et était même
exposé au salon MOTO de Bordeaux, où j'allais veiller
à ce que le public ne me la tripote pas trop (la moto, bien sûr).
Et le 18 décembre 1982 j' en pris définitivement possession. Le plaisir était total, cependant avec les 7000 kms qu'elle avait elle était loin d'être parfaite, des Michelin T 61 inadaptés (grâce aux accords avec l'état.) un amorto arrière "bout de bois" et un trou en cinquième à 120 km/h, me gonflèrent jusqu'à 20000 kms. Cependant sur ma GS j'était le Roi des boulevards, où je prenais en chasse des 1100 japonaises et autres 900 "bol d'or" que je pourrissais à chaque feu rouge.
Ah, le plaisir vaniteux de voir le sourire amusé de mes victimes se muer après 2 ou 3 feus verts en grimace interrogative du mec qui fait mine d'écouter son moulin, comme s'il était mal réglé... Il n'y eut d'ailleurs pas que des moment
de gloire, 2 mois à peine après l'avoir eu, accompagné
d'un copain équipé de la même meule nous partîmes
à la recherche d'un terrain où gamin on allait "taper
le cross" avec nos 50, les travaux de la rocade l'avait fait disparaître
et voulant faire demi-tour, j'ai fait la connerie de sortir du chemin
et mis la moto dans de la boue mouvante. N'ayant à l'époque pas
de caisse et utilisant la GS au quotidien, j'appris à la connaître,
et après quelques modifications, elle me donnait de plus en plus
de satisfactions. J'ai d'abord remplacé les abominables T61 qui,
si sur ma 125 XR allaient bien, mais étaient catastrophiques
sur la 800. Pensez donc, flous sur le sec, glissants sur le mouillé,
bruyants après 110, ils n'étaient à peu près
intéressants qu'en TT, de toutes façon usés à
1500 km à l'arrière et 3000 à l'avant, je les ais
remplacé rapidement par des Metzeler "enduro 1" conçus
pour la GS et qui s'ils étaient limité en TT gras sont
excellents sur route sèche ou humide. Pendant tout ce temps, j'ai rencontré des motards en trails, 550 XT, 600 ténéré, 650 DR ou KLR et 750 XLV (celui-là, outre l'avoir pourris dans toutes les disciplines, je lui ai même piqué sa Nana ! le confort peut-être...), aucune ne me donna envie de quitter ma GS. En tout terrain, raffolant des chemins, j'ai même un jour écoeuré un PATROL en escaladant une butte où il est resté l'attèle remorque planté dans le goudron. La GS accepte de grimper n'importe qu'elle déclivité si le terrain est sec, son excellente motricité et sa tenue de cap imperturbable lui autorise bien des facéties. Elle ne trouve en fait ses limites que sur terrain gras ou trop accidenté, mais à vitesse réduite accepte à peu près tous les obstacles. Sur la route dès que ça se rétrécit et que ça tourne, pour peu que la route soit accidentée, les sportives sont à la peine. Je dois dire qu' en 18 ans je n'ai eu qu'une seule gamelle sur la route (en TT j'ai dû la poser quelques fois sur le pare-cylindre), un virage raté avec sortie de route se terminant dans un fossé! Durant cette époque les seuls
problèmes mécaniques furent, le remplacement des segments
et coussinets à 75000 kms, à cause d'un abus de parcours
autoroutiers à fond de cinq en début de carrière.
Une boite HS par manque d'huile suite au spi de transmission poreux
à 80000kms. Les défauts dont j'aurais pu rêver
la modification, sont une boite avec un braquet final plus long, Pour le reste j'attends encore d'essayer une moto capable de m'apporter autant d'homogénéité et de qualités sur une seule et même machine. De toutes façons elle me convient ainsi et, qu'on se le dise, je ne la revendrai JAMAIS! Si mes moyens me le permettent, j'en achèterai peut-être une autre mais j'ignore bien laquelle (pas une 1150 en tous cas, n'ayant pas le permis poids-lourd!)...
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