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PREAMBULE
ESPAGNA
LE RIF
6 HEURES DE FORMALITES
AIN-SEFRA


PREAMBULE

Je vais donc vous faire récit du Vichy-Tamanrasset effectué au guidon d' une Yam 600 XT Ténéré . Situons la chose : J' ai 40 piges et à part de la 175 PE Suz dans les bois il y a 8 ans, je n' ai pas fait de moto depuis presque 20 ans... La dernière étant ma 750 Commando.

Lors de cet été 92, je change d' employeur et négocie, hyper bien mon départ de chez l'ancien...Je ne dois commencer chez le second qu'en Octobre 92. Je suis plein de pognon et on est en juin 92 et j' ai tout l' été devant moi. L' envie de reprendre la moto ma titillé et je fais le tour des concs après avoir essayer le 600 XL d' un pote...Je trouve le XT à 35.000 Km et 13.000 FF . Il y a juste le disque AV a changer et le réservoir qui fuit...Une soudure et hop !

Je roule pendant un mois autour de Vichy, je me benne à l' arrêt 4 ou 5 fois !!! La moto est trop haute pour moi et les 24 L du réservoir sont trop hauts, qui plus est la boite est une merde, faux points morts sont légions et à chaud impossible de trouver le point mort sans couper le moteur ! La chute la plus dingue c' est ayant oublié le bloque disque je me benne et le sélecteur perfore le carter moteur : vidange immédiate devant 10 personnes hilares :-(

J' avais un pote qui passait son temps à acheter de vieilles Peugeot, les restaurait et descendaient les vendre en Afrique noire, en jouant sur l' offre et la demande et le franc CFA il vivait bien... On s' est retrouvé un soir ce pote, celui de la XL et moi. Le pote en XL me chambrait : "Ton trail te sert à frimer en ville, tant que tu n' auras pas mis tes tétines sur la piste tu seras un mickey etc..." Il ne faut pas me chauffer comme ça, je relève toujours le défi, et même encore à 50 piges :-)))) Le second pote lance : "Je pars dans 15 jours viens avec moi !" Et hop voté !!!

Voila donc dans quelles conditions je suis parti :

En suivant une 505 pigeot, en ayant fait un petit 10.000 km dans le coin et sans aucun entraînement TT, ni aucune préparation de la moto, à part une GROSSE connerie, mais vous verrez... Je vais donc vous raconter ce Vichy-Tam-Tetouan... Je garde très bien en mémoire ce voyage et j' ai en plus 2 cahiers remplies de notes prises sur le tas et par la suite à l' hôtel (oui hôtel pas hôpital) après le crash... Car à la fin de ce voyage, à 30 kilomètres du bateau, dans un virage à droite j' ai rencontré mon premier tchéco :-( Il était marocain... Je ne me souviens plus exactement du crash, contrairement au tchéco, mais la moto a été détruite : Plus un rayons à la roue avant, réservoir plié et le disque AV avait ouvert le carter moteur !!! J' ai eu des ecchymoses, le gros orteil cassé et je l' ai compris lors du Tchéco, des cotes de cassées... Cela m' donné le temps de tout noter en tout cas...

Je vais donc vous raconter ce voyage, sans fioritures, vous verrez que je suis parti, la fleur au fusil, que ça été une sacrée galère et que bien souvent je suis passé à 2 doigts de la cata... Vous verrez aussi que mon pote en Pigeot était un peu con ! Que je ne lâche pas l' affaire comme ça !

J' espère pouvoir refaire un trip similaire dans de meilleures conditions et accompagnés par d' autres motards!!!

 

 

ESPAGNA

Août 1992

La préparation de la moto s' est soldée par la saisie d' un collant à ma femme, destiné à être mis devant le filtre à air pour éviter au sable de rentrer dans le moteur et une platine CDI d' allumage de rechange ! Pneus et kit chaîne neufs bien sur et vidange faite.

Je voyage ultra léger avec juste un sac à dos, le reste des bagages sont dans la Pigeot de mon pote. Comme je ré attaque la moto, j' en fais tel le newbie en jean's, vieux blouson en cuir et santiags. J' ai heureusement investi dans un Arai ! Tout le trajet aller se fera de la même façon : La pigeot qui l'a fait plus de 100 fois fonce dans de grandes étapes de 500 kilomètres sans tenir compte des aléas rencontrés en moto. La Pigeot roule en pleine chaleur,
car s' est facile assis le cul dans un siège avec des bouteilles de flotte, des clopes, et la zic...

On part donc par le Massif Central, un début d'aprem, le pote, Dom, m'a répété des dizaines de fois "Après la frontière espagnole, il faut éviter l' autoroute qui est à péage, on prend la nationale jusqu ' à Burgos" Il est difficile de rouler en moto et bagnole, la bagnole se traîne, mais ne s' arrête que rarement... Je roule donc devant, fais des haltes et quand Dom passe, je lui fais signe que tout va bien et je repars...

Arrivée en Espagne une portion d' autoroute gratos viroleuse je mets gros gaz et passe devant, je fais bien attention de sortir avant le péage et continue doucement pour que Dom me rattrape. La nuit tombe et soudain je vois dans les rétros 2 feux qui me suivent, nickel c' est Dom qui m'a recollé !

On continue sur un petit 100 kilomètres et on arrive à la jonction d' avec la partie payante... C' est à dire qu' on arrive derrière le péage de l' autoroute et la stupeur à la lumière des lampadaires je réalise que la bagnole qui me suit ce n' est pas Dom ! J' ai juste un tee-shirt et mon blouson, tout le reste est dans sa bagnole ! Je n' ai plus d' essence, il est 1 heure du mat, ça sent la galère... Il y a plein de magrhébins arrêtés au bord de la route, qui pique-niquent, se reposent, ou dorment. Je pose la moto, à coté d' eux, et attends en vain... Je crame 2 ou 3 pétards et me couche à même le bitume pour dormir un peu transis ! Je somnole à même le bitume, en me caillant et maudissant Dom...

Au petit matin, je me hasarde à rouler un peu et au bout de 2 km je tombe sur une station service avec la Pigeot bien en évidence !!!

Damned ! Après m' avoir dit 100 fois de ne pas prendre l' autoroute cet âne l'a pris ! Bon je fais le plein, petit-dejeuner, repos 1 heure et on repart... Bien après Madrid, vers Aranjuez le soleil cogne sec, très sec, trop sec pour moi ! Avec ma nuit sur le macadam, tout à coup je ne me sens pas bien du tout, du tout : début d' insolation. On s' arrête et je m' étends à l' ombre, bois un peu... j' ai un peu la nausée et mal à la tête... Heureusement au bout d' une heure ça y est je me ressens d' attaque !

Nous repartons et arrivons à Algeciras vers 18 heures... Dom me paume dans la ville, mais je remonte les files de bagnoles et le retrouve miraculeusement à la montée du bateau ! Tout le voyage sera un peu comme ça : Dom me larguera et moi je ramerai... Nous somme à bord du ferry, je vais enfin pouvoir
me relaxer.. La traversée est rapide 2 heures et nous nous retrouvons sur le sol marocain à la tombée de la nuit... Après un rapide passage de frontière grâce à un billet de 20FF dans le passeport, nous roulons à nouveau... Nous faisons quelques kilomètres et nous faisons étapes dans un petit coin tranquille à 200 mètres de la route. Aaaah enfin dormir dans le sac de couchage....................................

 

LE RIF

 

Le rif c' est cette région montagneuse qui borde la méditerranée jusque vers la frontière algérienne.

Photo : Le Rif

Je connais un peu pour y être déjà passé en 1982 en bagnole... Au matin, nous levons le camp et nous arrêtons pour prendre un petit dej : Thé et beignets ! Succulent ! Nous repartons par la petite route de montagne, après Tétouan, qui passe par Chefchaouen... Je passerai sous silence les détails de notre arrêt à Issaguen province de Ketama, ou j' ai retrouvé Mohamed, digne fils de cultivateurs locaux, que j' avais rencontré 10 ans auparavant... Sachez simplement que l' accueil fut fabuleux, thé et grand plateau en argent ciselé couvert de kif : "Essayez de tout fumer..." :-))) Comme c' était un défi on l'a relevé mais on n'y est pas arrivé ! Nous sommes repartis 2 heures plus tard, avec un petit sourire idiot au coin des lèvres, l' oeil un peu rouge et dans la poche une bonne grosse boulette de quoi faire le voyage...

Le soir tombant nous nous arrêtons au bord de la route, ou pleins de barbecue de fortune, rougeoient. Pour quelques dirhams on mange d' excellente brochette d' agneau. On boit ensuite 2 ou 3 tasses de thé et on se crame un pétard en terrasse... Ce qu' il y a de bien au Maroc quand on est un fumeur de cigarettes qui font rire, c' est qu' on a aucun souci à se faire ;-)

Nous repartons tranquillement sur Oujda et en nous en approchant, nous voyons de plus en plus d' enfants au bord de la route avec des jerricans ! Ils vendent de l' essence au marché noir. Cela ne nous intéresse pas car nous avons nos propres jerricans avec de l' essence achetée en Espagne.... L' essence que revendent les momes vient d' Algérie ou elle est beaucoup moins chère qu' au Maroc.

Nous traversons Oujda endormie, il est 23 h 30 et il n'y a guère de monde, la frontière avec l' Algérie est à une vingtaine de kilomètres. Cette frontière est complètement surréaliste, Dom m' en a souvent parlé, il y a une attente incroyable, pour nous occidentaux ! Cela peut prendre entre 6 et 12 heures pour faire toutes les formalités. Européen speedé, oublies tout, cela ne sert à rien, fais la queue comme tout le monde, fermes ta gueule et tout ira bien :-)

Jusque ici la moto a super bien marché, aucun problème à signaler. Profitant d' un arrêt destiné à faire le ménage dans la Pigeot 10 kilomètres avant la frontière, j' installe le bas bien tendu entre le filtre à air et la pipe d' admission : Grossière erreur je m' en apercevrai vite! En écrivant 10 ans après, je me demande encore comment j' ai pu être aussi con :-))) Nous repartons et très vite nous apercevons les lumières de la frontière. Une file d' une vingtaine
de voitures arrêtées sur le bord de la route, et des barbecues qui fumettent, des marchands de cigarettes, des vendeurs de thé, il y a beaucoup de monde malgré l' heure avancée... Nous nous mettons à la queue et buvons un thé, nous repoussons toutes les offres plus ou moins claires qui nous sont faites (surtout du change) et nous nous renseignons pour savoir comment se passe la frontière. Les réponses sont satisfaisantes, les douaniers sont cools
ils ont été payés et ça passe relativement bien. Soudain la file de voiture avance de 100 mètres, nous remontons la file d' attente et reprenons notre place.Il est amusant de noter que chacun reprend sa place, même s' il a remonté la file le dernier. Chacun connaît sa place dans la queue et la reprend sans problème....................................

 

 

6 HEURES DE FORMALITES

 

Il est à peu près minuit quand nous commençons les formalités.

1ére étape
Montrer son passeport et son visa à un policier marocain pour voir si on peut bien prétendre à rentrer en Algérie, attente éclair 10 minutes, fonctionnaire marocain... On avance en suite vers la douane marocaine qui jette un oeil vague et rapide sur le véhicule et fait passer.

2éme étape
Montrer son passeport et son visa à un policier algérien, pour contrôle et tampons : A attente 1 heure et demi pour une trentaine de personnes devant nous... Le spectacle est assez hallucinant, en plein milieu de la nuit, dans une cabane faiblement éclairée derrière une bête table siègent 3 douaniers algériens : Le premier contrôle les documents et questionne sur le but du voyage, le deuxième les tamponne, et le troisième inscrit sur un registre l'entrée... Entre chaque personne les douaniers discutent, boivent du thé prennent un temps fou... Par moment un flic arrive avec une personne ils rentrent dans la bicoque et le gars a ses tampons en 1 minute, bakchich c' est clair !

3 éme étape La fouille
La il faut attendre le bon vouloir des douaniers qui passent devant les véhicules... Les douaniers s' occupent tout d' abord des algériens qui ont été faire des courses à Oujda : gros racket ! Ensuite ils s' occupent des touristes les plus chargés...quand je dis touriste il faut comprendre mec qui descend une Pigeot bourrée de pièces de rechange. Au bout d' une grosse heure les douaniers s' intéressentà nous... Dom qui a l' habitude leur file un pack de bière acheté exprès! Ce qui fait que la fouille est réduite à son strict minimum...Les douaniers nous donnent leur accord pour que nous passions ce stade : je redémarre la moto quand un autre douanier arrive en colère me demandant qui m'a permis de bouger !Je lui répond que ses collègues eux-mêmes me l' ont dit !
Il me répond que ses collègues font mal leur travail. Il me demande d' ouvrir le réservoir de la moto... Encore un à qui Easy Rider a tapé sur la tête :-) En attendant c' est lui qui tape sur les parois du réservoir en surveillant mes réactions.. Il me demande ensuite ou j' ai caché le haschich, je lui réponds bien sur que je ne fume pas ! En argumentant qu' on ne peut pas fumer et faire de la moto.... Ben voyons ! Il gobe mon explication et jette un coup d' oeil dans mon sac à dos et me dit de passer...

4 ème étape Le Change
Et oui il faut satisfaire au change officiel avec une somme minima, sinon pas question de rentrer en Algérie. Il est maintenant à peu près 4 heures du matin et la fatigue se fait sentir : Des cris montent du bureau de change, un fonctionnaire et un algérien sont entrain de s' engueuler... Vexés les 2 fonctionnaires décident de fermer la guitoune ! Stupéfaction générale et cris de désespoir des algériens qui attendaient leur tour. Il s' en suit une demi-heure de palabres ou passe pêle-mêle : le respect du fonctionnaire, le salaire misérable, les gens mal gracieux, la difficulté de faire ce travail, le respect du touriste, la vie pas facile pour tout le monde, la fraternité fasse aux aléas de la vie, etc... Et à la fin encore bougons les fonctionnaires ré ouvrent la guitoune ! Notre tour arrive enfin, nous changeons le minima et immédiatement on nous branche : "Mais comment vous allez faire avec si peu d' argent ?" Réponse toute prête nous somme invités tous frais payés à 300 km de la frontière. Ils ne nous croient pas et nous le disent, en nous précisant que si on se fait piquer à changer au black ça ira très mal pour nous... Il faut savoir que le change officiel est à peu près à l' époque de 1FF pour 5 dinars alors qu' au black il oscille entre 12 et 15 dinars !!! De toutes façons nous n' aurons pas beaucoup à changer au contraire ! En effet tout le long nous vendrons des fringues et des pièces détachées de Pigeot..

5 ème étape L' assurance
L' Algérie ne fait pas partie des pays ayant ratifiés les accords sur les assurances et donc la carte verte n'a plus court... Il faut donc prendre une assurance obligatoire. Et ressortir passeport, carte grise, remplir un formulaire et payer pour avoir la quittance et l' attestation... Cela nous amène vers les 6h30 mn du matin, le jour commence à se lever et c' est complètement épuisés, hagards que nous sortons enfin de l' enceinte de la frontière. Il y a pas mal de monde qui s' agite déjà du coté algérien. Oui il y a la frontière et il y a du business !!! Il nous faut aller faire de l' essence nos réservoirs sont vides et les jerricans aussi. Dom me dit que la station est à 10 kilomètres et qu' on prendra un petit dej ensuite................................

AIN-SEFRA

 

Nous apercevons la station service mais il y a des chaînes et elle est fermée. Dom décide de continuer il y en a une autre 30 kilomètres plus loin. Lorsque nous y arrivons je crois halluciné : Il y a une file d' une trentaine de voiture ! Des Pigeots pour la plus grande partie; on dirait une station service française lors des grèves de routiers. L' enseigne Shell rouge et jaune bien reconnaissable malgré le fait que Shell soit écrit de droite à gauche et en arabe et la file de voiture... Il ne faut chercher loin la raison de cette pénurie... de l' autre coté de la frontière les gamins ont des jerricans remplis d' essence, trafic bien entendu. On bout d' une grosse demi-heure on enfin fait notre plein... Dom connaît un petit resto on on pourra prendre un bon petit dej. On mets gaz sur le resto... enfin j' essaye de mettre gaz, car le moteur a des ratés, il s' étouffe puis repart. Je m' en plains à Dom au resto ou le petit dej est en fait exécrable ! Du pain à peu près potable, du beurre rance et un café dégeu ! Mais il ne faut pas se plaindre ce resto est top par rapport au reste en Algérie..


Photo : La queue à la station service

On repart et le moteur ratatouille de plus en plus...Je m' arrête sur le bord de la route pour essayer de comprendre ce qui se passe...Tout à l' air OK, je repars et fais quelques kilomètres mais comme ça merdoit sévère je m' arrête à nouveau. Un jeune algérien passe "Bonjour !" "Bonjour !"
"Elle est belle ta moto..." "Oui, merci, mais la tu vois elle marche très mal..." "Vas voir le motociste juste dans le village la à droite, il est très bon, il va faire une réparation".

Pourquoi pas après tout, je ne peux pas continuer comme ça. Je me traîne chez le motociste : une boutique minuscule, avec 2 ou 3 mobylettes bleues devant et des pièces de vélo partout. Dans la boutique-atelier, un désordre hallucinant, une crasse fantastique, des pièces partout ! J' avoue avoir douté des compétences du mécano ! "Ta moto marche mal ! C' est la bougie ou le carburateur" dit-il après avoir entendu le moteur s' étouffer. Il teste la bougie, qui est OK, démonte et nettoie le carbu, le remonte, teste même chose. "T'inquiétes pas je suis un bon mécano, je trouve toujours et je vais trouver"
Et dans les 10 minutes, il défait la pipe d' admission pour découvrir le bas déchiqueté (il n'a pas résisté à l' admission du gromono) qui bloque par intermittence, l' admission !!! Me voila donc à nouveau avec une moto qui marche, buvant un thé pour quelques dinars !

Nous repartons, traversons rapidement Tlemcen, ville intégriste déjeunons avec nos conserves et repartons pour 300 km de ligne droite sous un soleil brûlant. Pas une miette d' ombre, que le long ruban de macadam chauffé à blanc, et du sable... La route est par endroit légèrement ensablée, le macadam est usé il y a des morceaux entiers qui manquent sur les cotés, tous les kilomètres il y a des carcasses de pneus de camions... Il faut dire que les pénuries
constantes de tout et de rien font que les algériens usent leur pneu jusqu' à la corde. Des artisans baptisés 'vulcanisateur' fondent le caoutchouc, le retartinent sur le vieux pneu et tracent des sillons dans la gomme fumante ! Des stocks de pneus usés de l' armée française enterrés enfin ensablés ont été ressortis et remontés sur les véhicules !!!

Les routes algériennes vers le sud sont empruntés par des camions conduits par des bédouins portant le cheiche, et quelques taxis Pigeot 504 Break jaune, ainsi que des autobus hors d'age. Mais ces véhicules ne sont vraiment pas foule, la route est quasi déserte... De temps en temps on croise un camion qui passe à vive allure déclenchant un énorme nuage de poussière et de sable derrière lui... La Pigeot de Dom fait un nuage elle aussi, et la XT de même, pas aussi gros que ceux des camions certes, mais quand-même , je le vois très bien dans les rétros !

Cela fait maintenant 72 heures que nous sommes partis et je commence à fatiguer ! Il ne reste plus que 100 kilomètres, mais je vais les faire à l' agonie! En m' arrêtant 3 fois pour boire ! Heureusement Dom connaît tous les trucs du baroudeur et nous entourons d' un linge mouillé nos gourdes d' eau ce qui fait que par condensation nous avons de l' eau fraîche ! Heureusement car dans les rares cafés au bord de la route ils servent soit du thé, soit de la gazouse, un horrible ersatz de coca 10 fois trop sucré ! Nous buvons du thé brûlant, la seule façon d' épancher sa soif lorsque nous nous arrêtons dans ces cafés de bord de route... Nous arrivons enfin à Aïn-Sefra, nous mettons immédiatement le cap sur l' hôtel sur le haut de la ville, là ou Dom a ses contacts. Nous sommes accueillis en héros, on nous presse de rentrer les véhicules dans un garage fermé à double tour !!! Et nous voila enfin sous la douche.................................

Photo : Aïn-Sefra


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Fais que ton rêve soit plus long que la nuit...